Les courses canines
La course dans le temps
L'histoire des courses de chiens remonte à des milliers d'années et s'est développée dans différentes cultures à travers le monde.
Les courses de chiens peuvent être retracées jusqu'à l'Antiquité. Dans l'Égypte ancienne, des représentations de chiens courant peuvent être trouvées dans l'art. La course était ici liée à la chasse.
Au Moyen Âge, les courses de chiens ont pris la forme de compétitions organisées, souvent au sein de la noblesse. Les chiens de race, comme les lévriers, étaient particulièrement prisés pour leur vitesse.
Au 19ème siècle, les courses de lévriers ont commencé à se formaliser en tant que sport. En Angleterre, les premières courses de lévriers sur des pistes ont été organisées, et des règles ont été établies.
Des clubs de courses de chiens ont été formés, et des événements sont devenus populaires, attirant un public nombreux et des parieurs.
Le sport s'est répandu dans d'autres pays, notamment aux États-Unis, où les courses de lévriers sont devenues un événement majeur dans les années 1920 et 1930. Des pistes de course ont été construites dans de nombreuses villes.
En France la première course est organisée par Eugène Chapus à Bagatelle le 28 novembre 1879. Le premier coursing club fut fondé en 1890 à Boulogne-Billancourt. En 1933 un décret autorisa le fonctionnement du pari mutuel sur les courses de lévriers. Le cynodrome de Courbevoie fonctionnera de 1936 à 1951, date de sa fermeture.
Rapidement des propriétaires, avec leurs lévriers qui avaient couru à Courbevoie, ont recréé et organisé des courses sur des terrains occasionnels (type stade de football). Pendant 10 années le pari mutuel restait interdit et en 1961, à l'initiative de Jacques Verchere, il fut à nouveau autorisé. Ce n'est qu'au milieu des années 1970 que de nouveaux cynodrome se rouvrent : Mont de Marsan, Carnoux-en-Provence, etc.

Quels types d'épreuves ?
Les courses de chiens sont des épreuves de vitesse. Elles concernent des chiens du 10e groupe canin appelés lévriers. Afin d'inciter, les chiens à courir, un lapin artificiel est lancé sur le circuit ce qui entraine l'envie de poursuite chez le lévrier.
Il existe deux types de course :
- La PVL (poursuite à vue sur leurre) qui est une simulation de chasse au lièvre
- Le racing qui est une course sur cynodrome où le premier chien franchissant la ligne d'arrivée gagne
LA PVL
Le but étant de mettre les lévriers dans une situation (simulation) de chasse. Le leurre effectue un trajet comme le ferait un lièvre pourchassé : des lignes droites suivies de virages brusques. L'épreuve se fait en couple sur un parcours de 300 à 1000 m sur des terrains allant jusqu'à 3 ha.
Un juge attribue des points aux coursiers en fonction de différents critères. La vitesse seule ne permet pas de remporter la partie. D'autres points ont reconnus déterminants, par le juge, pour apprécier les aptitudes à la chasse à vue :
- LA VITESSE
- L'ARDEUR à la poursuite, quelles que soient les obstacles et les incidents (esquives, chute, perte de vue momentanée)
- L'ADRESSE indispensable pour franchir les obstacles, pour revenir sur le gibier ou compenser le retard pris après une esquive.
- LA RÉSISTANCE
- LE COMPORTEMENT TACTIQUE de la poursuite qui fait prendre au lévrier la trajectoire le mettant en bonne position pour la capture.
LE RACING
Le Racing, contrairement au PVL, est une course de vitesse pure. Elle est effectuée sur une piste construite spécialement pour la discipline (cynodrome) comprenant deux grands virages et deux lignes droites.
Les distances parcourues varient entre 250 et 600 mètres suivant le cynodrome et en fonction des différentes races de lévrier. La piste est en herbe ou bien en sable et mesure 5 mètre de large sur les parties droites et 7 mètres de large dans les virages.
Le nombre de partants par courses est de six à huit. Les participants sont de la même race. Mâles et femelles peuvent courir ensemble s'ils sont stérilisés
Les concurrents au départ sont marqués d'un dossard (ou casaque) à numéro de couleurs éclatantes, chacun portant un numéro et une couleur uniques, de manière à les rendre plus facilement reconnaissables pour les spectateurs.
Les chiens sont muselés pour éviter toute confrontation et pour épargner le lièvre-leurre (placé sur la gauche de la piste, le leurre est traîné le long de la piste depuis un support en mouvement situé derrière une clôture intérieure)
À l'appel du starter, qui annonce « Lévriers au départ de la course », chaque propriétaire et son chien se mettent derrière la case correspond au numéro du dossard. Puis, quand le starter annonce « En boîte », les propriétaires introduisent leur lévrier dans la boîte rapidement mais en douceur, prenant soin en particulier de ne pas coincer sa queue dans la porte. Le leurre est ensuite lancé de manière à prendre 30 à 40 mètres d'avance. Puis le slipper ouvre les portes des cages de manière parfaitement simultanée : cela donne le signal de départ aux lévriers, qui se ruent alors à la poursuite du leurre. Ce dernier doit rester tout au long de la course à une distance constante d'environ 20 mètres devant le concurrent de tête.
A l'ouverture, les lévriers s'élancent dans une course effrénée après le leurre jusqu'à l'arrivée. Les lévriers peuvent atteindre des vitesses de 60 voire 70 kms/h.
Une fois la course lancée, le maître se dirige vers la zone d'arrivée, de manière à récupérer son chien dès la fin de l'épreuve. Il l'emmène alors immédiatement en zone de repos, où il lui enlève la muselière et le laisse marcher et se détendre.
Tour de France
En France, les courses de lévriers sont souvent pratiquées par des lévriers appartenant à des particuliers, dans un cadre officiel. Un décret datant du 20 octobre 1983 autorise des sociétés de courses de lévriers à organiser le pari mutuel dans leurs réunions de courses. Il peut y avoir des enjeux financiers mais il n'y a pas d'industrie des courses derrière ces rencontres. D'autre part la Société Centrale Canine organise par l'intermédiaire de clubs d'Utilisation des compétitions de lévriers avec un championnat de France annuel.
Comment participer ?
D'après a Centrale Canine, les épreuves de courses sont ouvertes à toutes les races de lévriers du 10e Groupe et les races apparentés du 5ème Groupe inscrits à un livre d'origine reconnu par la FCI (le LOF pour la France).
Pour participer aux courses, le lévrier doit passer son BAC (Brevet d'Aptitude à la Course) ou son BPV (Brevet de Poursuite à Vue), dans un club de travail pratiquant la discipline souhaitée (voir la liste des clubs de Travail lévriers).
Ces brevets sont passés d'abord en solo pour vérifier l'aptitude à suivre le leurre, puis en duo et en groupe pour évaluer le comportement avec ses congénères. Un solo ou un duo avec un lévrier d'une race différente mais de même vitesse peut être suffisant pour certaines races à faible effectif. En épreuve sur Cynodrome, les whippets doivent effectuer deux courses en groupe.
Une fois le BAC obtenu, l'animal est autorisé à participer aux courses sur cynodrome nationales ainsi qu'aux épreuves internationales. Pour ce qui est du niveau international, les règles d'admission s'appliquent de manière identique au racing qu'au coursing PVL et sont abordées un peu plus loin.
Au fur et à mesure que le sport gagnait en popularité, des critiques ont émergé concernant le traitement des chiens. Cela a conduit à des efforts pour réglementer les courses et améliorer les conditions de vie des animaux.
Selon un article du Parisien, un décret devrait interdire la pratique en France courant 2020. Les courses amicales resteraient autorisées, mais pas le pari d'argent. Un arrêté relatif à la course de lévriers est effectivement publié au journal officiel le 15 Septembre 2023..